Be you coaching

De l’intérêt d’un coach.

Une fois établi en tant que coach, l’une des missions à laquelle l’on ne se prépare pas forcément, mais qui nous incombe à quasi tous, est celle de faire valoir son rôle contre rémunération. J’écris ce terme en gras car l’utilité du coach est communément admise tant qu’elle est gratuite, toutefois, elle perd vertigineusement de son évidence lorsqu’elle ne l’est plus. Ceci est d’autant plus visible lorsque l’on travaille en plateau muscu et que l’on explique aux adhérents que l’on peut aller beaucoup plus loin dans une progression en se faisant suivre plus étroitement. Souvent s’installe une incompréhension du pourquoi payer du coaching alors que l’on est déjà sensé faire des programmes et expliquer comment les appliquer sur les machines. Ceci se comprend, l’homo economicus est ainsi fait : optimiser ses profits (ici : connaissances et services) en minimisant ses coûts (pas envie de payer, où si je le fais je souhaite que ce soit le minimum possible)
L’erreur étant ici de confondre la mise en place d’une activité sportive, sa “trame à suivre” (le fameux programme de départ) ainsi que sa mise en service (1ère séance accompagnée dans une optique d’initiation et surtout de sécurisation) avec une étude complète de la personne, un suivi régulier, dédié et ré-adapté en permanence.
Je m’attarde sur les termes précedemment cités :
  • Par étude complète, j’entends : analyse du morphotype, du passé sportif, des pathologies, des objectifs visés, des sports annexes, des habitudes alimentaires, des connaissances en nutrition, du temps et de l’engagement que la personne souhaite mettre dans son projet, de l’analyse posturale (attitude cyphotique, lordose…..), de l’analyse technique de l’exécution de chaque mouvement, de l’adaptation du corps à l’effort et à la récupération, de la détermination de la personne…..etc……
  • Par suivi régulier et dédié j’entends : La présence physique du coach exclusivement réservée au sportif, répétée plusieurs fois dans la semaine ou le mois. Une mise en application du système d’entrainement préalablement pensé et personnalisé à l’issue de l’étude précédente (ce parfois pendant des heures et des heures en amont). La correction gestuelle en temps réel, l’adaptation de la charge en fonction de la façon dont l’athlète “vit la séance”. Les encouragements de l’entraineur à son élève sur les moments difficiles (qui sont souvent ceux qui permettent de passer des caps). La diète détaillée parfois au gramme près, les phases de récupération à respecter en fonction de la période à laquelle se situe l’échéance s’il y en a une, ou tout simplement en fonction de l’état de fraicheur de la personne. Bref, une considération en tant qu’individu unique.
  • Par ré-adapté : j’entends la perpétuelle évolution des entrainements en fonction des séances réalisées, que ce soit sur le choix des exercices, de la charge à utiliser, du temps de récupération. La personne peut être malade, blessée, en examen ou contrainte pour raisons personnelles à faire un écart dans sa programmation, nécessitant des ajustements dans celle initialement pensée. Des coups au moral peuvent survenir, ainsi que des “temps forts” qu’il faut savoir exploiter. Des objectifs nouveaux peuvent apparaître en cours de progression, lesquels devront être intégrés dans le nouveau modèle.
La vie n’étant que perpétuelle évolution, se limiter à un schéma fixe du type : programme copier/coller du net inchangé pendant des mois, avec souvent un non respect des charges et des temps de récup, au gré du vent et de l’humeur, en essayant de se persuader que c’est bien comme ça (système de défense pour justifier la non-envie de payer) est loin d’être la solution optimale. Souvent ce type de profil, est celui que l’on retrouve à réclamer au prof de muscu, un nouveau programme tous les 15 jours prétextant que “celui là ne marche pas”. Ne dit-on pas qu’une thérapie fonctionne mieux si on la paie? Elle marque par cette action un engagement moral envers un professionnel, certes, mais surtout envers soi même (on prend moins les choses qui nécessitent un investissement à la légère que celles qui nous sont données). N’est cher que ce que l’on considère comme tel
Pr illustrer la citation: 1h coaching = 40€ (prix moyen), avec 50% de récupéré en service à la personne, on peut se faire coacher 1h/semaine, pour 80€/mois. Si un ami fumeur vous dit que c’est cher, dites lui que ça l’est moins que ses clopes même s’il fume 1/2 paquet par jour(7×15=105)vous:santé ++,lui —
Par ce discours je ne cherche pas à dire que ceux qui ne font pas appel à un coach privé n’ont rien compris, mais plutôt à rétablir l’utilité avérée de ce métier très pointu qui n’est parfois involontairement (et souvent volontairement, par soucis économique*) pas considéré à sa juste valeur. Il est bien évident qu’il est plus important d’honorer nos besoins de 1ère nécessité avec notre argent, surtout lorsque l’on en dispose pas de beaucoup. Cependant cela peut être fait sans mépriser ou dévaluer le service que certains professionnels pourraient vous apporter car vous ne pouvez (ou voulez), à ce moment précis, vous les offrir
* Passer la compétence technique d’un acteur de la vie professionnelle comme facile à atteindre permet de justifier “son inutilité” et par la même la possibilité de s’abstenir de le rémunérer. Plus besoin de taxis, peintres d’intérieur, boulangers, webmasters, mécaniciens, vendeurs conseils, agents de sécurité, DJ, serveurs, coachs, diététiciens, bientôt les médecins grâce à Doctissimo Une bonne connexion internet, 2 ou 3 forums et un peu de temps, et c’est parti, je répare ma voiture, je repeins ma chambre, le fais mon pain dans ma machine à pain, je crée mon propre site internet, j’anime le mariage de mon oncle Michel (he’s back) avec mon smartphone, j’imprime Dukan et un programme du net formaté et plus besoin de spécialiste. Ok, l’économie d’argent est un fait recherché par chacun de nous, homo economicus, mais se convaincre que la qualité qui ressortira du fait de se substituer à un professionnel, formé, équipé et expérimenté dans sa discipline, sera identique sur notre produit fini (ici notre corps) est une utopie.
Après tout pourquoi les coachs ont des coachs? Pourquoi les sportifs pros qui font le même geste depuis des années (des décennies pour certains) ont ils des coachs? Ils devraient savoir ce qu’ils ont à faire avec un tel degré de spécialisation dans leur discipline. On ne peut être acteur et spectateur de soi-même. S’auto-analyser sur le plan psychique et physique est une action qui n’est pas objective et donc pas optimale. L’autre est là pour vous observer, corriger, encourager, planifier, pendant que vous donnez tout à votre tâche…..
Alors j’espère que, si ce n’était déjà le cas, votre vision de ce métier ressortira élargie suite à cet article, qui une fois de plus n’engage que moi et garde l’état d’esprit du premier
« Quand on apprend à aller vers les autres pour leur demander ce dont on a besoin, c’est tout un univers qui s’offre à nous. La vie, c’est s’ouvrir aux autres, pas se refermer sur soi. Tout ce qui permet de se connecter aux autres est positif. » Laurent Gounelle